Prolongation

Prolongation d'arrêt maladie : qui la prescrit et comment s'y préparer

ConsultMalin ne fournit aucun avis médical. Ce guide explique les règles générales ; c'est votre médecin qui décide d'un arrêt et de sa durée.

Mis à jour le · 7 min de lecture · L’équipe ConsultMalin

Règles vérifiées le 22/10/2026 sur les sources officielles citées en bas de page. Notre méthode

La réponse courte

Une prolongation d'arrêt maladie est prescrite par le médecin de l'arrêt initial ou votre médecin traitant, sauf exceptions. Depuis le 1er septembre 2026, chaque prolongation est limitée à 62 jours, sauf justification médicale. C'est le médecin qui décide.

Ce qu’est une prolongation d’arrêt de travail

Une prolongation est un nouvel avis d’arrêt qui fait suite à un arrêt en cours. Il ne repart pas de zéro : il continue l’arrêt initial, c’est-à-dire le premier arrêt prescrit pour cet épisode.

Le médecin ne prolonge pas un arrêt automatiquement. Il revoit votre situation et décide seul s’il est utile de poursuivre, et pour combien de temps. Ce guide explique les règles qui encadrent cette décision. Il ne dit pas ce qui s’applique à votre cas.

Pour les règles du premier arrêt, voir le guide arrêt maladie en 2026.

Les médecins qui peuvent prescrire une prolongation

En principe, seuls deux médecins peuvent prolonger votre arrêt (F303, ameli) :

  • le médecin qui a prescrit l’arrêt initial ;
  • votre médecin traitant, c’est-à-dire le médecin que vous avez déclaré à l’Assurance Maladie pour coordonner vos soins.

À titre exceptionnel, la prolongation peut aussi venir (F303, ameli) :

  • du remplaçant de votre médecin traitant ou du médecin de l’arrêt initial ;
  • d’un médecin spécialiste consulté à la demande de votre médecin traitant ;
  • du médecin qui vous suit pendant une hospitalisation (ameli).

Depuis le 1er septembre 2026, les sages-femmes et les chirurgiens-dentistes peuvent aussi prolonger un arrêt qu’ils ont prescrit (A18962).

Ce qui se passe si un autre médecin prolonge l’arrêt

Un autre médecin peut parfois établir la prolongation. Dans ce cas, vous devez justifier auprès de votre CPAM (caisse primaire d’assurance maladie) que ni votre médecin traitant ni le médecin de l’arrêt initial ne pouvaient la prescrire. Le médecin doit aussi indiquer la raison sur l’avis d’arrêt (ameli).

Sans explication, la CPAM peut refuser de vous indemniser pour la période prolongée (ameli). Les indemnités journalières (IJ) sont les sommes versées par l’Assurance Maladie pendant l’arrêt. Leur refus peut donc peser lourd.

Le plus simple est d’anticiper : prendre rendez-vous tôt avec le même médecin ou avec votre médecin traitant.

La durée maximale d’une prolongation depuis le 1er septembre 2026

Depuis le 1er septembre 2026, chaque prolongation ne peut pas dépasser 62 jours (environ deux mois). Le premier arrêt est, lui, limité à 31 jours (ameli, A18962). Ces plafonds ne concernent pas les accidents du travail ni les maladies professionnelles (ameli).

La limite de 62 jours s’applique à chaque prolongation, pas à la durée totale de l’arrêt (F303). Une nouvelle prolongation reste possible ensuite si le médecin l’estime nécessaire.

Le médecin peut prescrire plus longtemps s’il estime que votre état de santé le justifie. Il doit alors motiver ce choix sur la prescription, en tenant compte des recommandations de la Haute Autorité de santé quand elles existent (ameli). Le motif de l’arrêt doit aussi être systématiquement précisé (ameli).

Ces règles viennent de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (article 81) et du décret n° 2026-498 du 12 juin 2026 (art. L162-4-4 et R162-1-7-1 CSS). Elles ne s’appliquent pas à Mayotte (A18962).

Le détail des plafonds, et de la durée totale d’indemnisation, est dans le guide durée maximale d’un arrêt maladie.

La prolongation en téléconsultation et ses limites en 2026

La téléconsultation est une consultation à distance, en vidéo. Une prolongation peut y être prescrite, mais avec des limites strictes.

Un arrêt prescrit ou renouvelé en téléconsultation ne peut pas dépasser 3 jours pour être indemnisé (ameli, F303). Depuis le 27 juin 2026, cette limite vise la durée totale prescrite à distance, période initiale et renouvellement compris (A18975). Ce durcissement vient de la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 contre les fraudes sociales et fiscales. Aucun renouvellement ultérieur ne peut ensuite être prescrit à distance (ameli, Code du travail numérique).

La limite de 3 jours ne s’applique pas (ameli) :

  • si la téléconsultation est faite par votre médecin traitant ou son remplaçant ;
  • si la prescriptrice est votre sage-femme référente ;
  • pour une prolongation, si vous prouvez l’impossibilité de consulter en personne.

Les arrêts pour état pathologique de la grossesse ne sont pas concernés par ces limites (ameli).

Pour une prolongation à distance, une condition s’ajoute. Le médecin doit en principe vous avoir vu en personne dans les 12 derniers mois, sauf urgence ou absence d’accès aux soins (F303). La téléconsultation doit passer par une plateforme sécurisée. Plus de détails dans le guide arrêt de travail en téléconsultation.

Certains sites vendent un « arrêt en PDF » sans vraie consultation. Ce document n’est pas un avis d’arrêt valable. Voir le guide arrêt de travail en ligne.

Le bon moment pour consulter

Une prolongation suit l’arrêt en cours. Il est donc préférable de consulter avant la date de fin de votre arrêt actuel. Vous évitez ainsi un « trou » entre deux arrêts, que la CPAM pourrait traiter comme un nouvel arrêt.

Les délais de rendez-vous sont parfois longs. Pensez à réserver dès que vous savez que la reprise risque d’être difficile. Si votre médecin traitant n’est pas disponible, demandez son remplaçant.

L’envoi de la prolongation sous 48 heures

Les règles d’envoi sont les mêmes que pour l’arrêt initial (F303) :

  • à la CPAM (ou à la MSA) : les volets 1 et 2, sous 48 heures. Quand le médecin télétransmet l’arrêt, il les envoie lui-même ;
  • à l’employeur : le volet 3, dans les 48 heures qui suivent la prolongation, sauf délai prévu par votre convention collective.

Un envoi tardif a des conséquences. Après un premier rappel, un nouveau retard dans les 2 ans peut réduire les IJ de 50 %. Depuis le 1er janvier 2026, un arrêt reçu après la fin de la période prescrite peut entraîner une réduction de 100 % (F303).

Sur papier, seul le formulaire Cerfa sécurisé n° 10170*08 est accepté. Depuis le 1er septembre 2025, les anciens formulaires, les photocopies et les scans ne le sont plus (F303).

Pendant l’arrêt, vous devez respecter les heures de sortie et accepter les contrôles. Une activité non autorisée par le médecin expose à une sanction financière (F303).

Les informations qui aident le médecin à décider

Le médecin évalue si l’arrêt reste utile à votre santé, et si vous êtes en capacité de reprendre votre travail (ameli). Il ne vous demande pas de « convaincre ». Il a besoin d’informations claires et datées.

Voici ce qui lui est souvent utile :

  • l’évolution depuis l’arrêt initial : ce qui va mieux, ce qui est stable, ce qui est moins bien ;
  • ce qui a changé : nouveaux examens, avis d’un spécialiste, traitement modifié, effets indésirables ;
  • les freins concrets à la reprise : tâches de votre poste devenues difficiles, horaires, trajets, port de charges, écrans ;
  • votre quotidien : sommeil, fatigue, ce que vous arrivez ou non à faire à la maison ;
  • vos questions sur la reprise : quand et comment elle pourrait se faire.

Décrivez les faits tels qu’ils sont, sans les grossir ni les minimiser. Le guide parler de son arrêt de travail au médecin détaille la façon de les présenter.

La visite de préreprise et le médecin du travail

Le médecin du travail suit la santé des salariés en lien avec leur poste. Il ne prescrit pas d’arrêt, mais il peut préparer votre retour.

Après plus de 30 jours d’arrêt, une visite de préreprise peut être organisée (F2871). Vous pouvez la demander vous-même. Votre médecin traitant, le médecin conseil de la Sécurité sociale ou le médecin du travail peuvent aussi la demander. Elle sert à anticiper les conditions de la reprise.

Après plus de 30 jours d’arrêt, un rendez-vous de liaison avec l’employeur est aussi possible, à votre initiative ou à la sienne. Il est facultatif (F144). Après un arrêt d’au moins 60 jours, une visite de reprise est obligatoire (F144). Pour les arrêts délivrés depuis le 15 juin 2026, elle peut être dispensée après une préreprise dans les 30 jours avant le retour, sans besoin d’aménagement (F2871).

Le temps partiel thérapeutique, une autre option à connaître

Le temps partiel thérapeutique (souvent appelé « mi-temps thérapeutique ») permet de reprendre le travail à temps réduit pour raison de santé. Il n’est pas forcément « à mi-temps ».

Il est prescrit par le médecin traitant. L’employeur donne son accord après avis du médecin du travail, et le médecin conseil de la CPAM se prononce sur le versement des IJ (F144).

ConsultMalin ne vous conseille ni l’un ni l’autre. Vous pouvez simplement poser la question à votre médecin s’il vous semble utile d’en parler.

Les règles de la prolongation en un tableau

Point Règle Source
Qui prescrit ? Médecin de l’arrêt initial ou médecin traitant F303, ameli
Exceptions Remplaçant, spécialiste consulté à la demande du traitant, médecin de l’hospitalisation F303, ameli
Autre médecin Justification à fournir ; sinon la CPAM peut refuser les IJ ameli
Durée par prolongation 62 jours maximum depuis le 1er septembre 2026, sauf justification médicale ameli, A18962
Arrêt initial 31 jours maximum ameli, A18962
Téléconsultation 3 jours au total, renouvellement compris, sauf médecin traitant, sage-femme référente ou impossibilité de consulter en personne ameli, A18975
Envoi Sous 48 heures, CPAM et employeur F303
Papier Cerfa sécurisé n° 10170*08 uniquement F303
Préreprise Possible après plus de 30 jours d’arrêt F2871
Visite de reprise Obligatoire après au moins 60 jours d’arrêt F144

Et ensuite

  1. Préparer la consultation (gratuit jusqu’à l’aperçu) : le questionnaire prolongation reprend votre situation et produit une synthèse d’une page avec l’avant et l’après. Vos réponses restent sur votre téléphone.
  2. Après la consultation : envoyez la prolongation sous 48 heures. Le suivi des échéances, des envois et de la reprise est proposé sur DossierMalin.
  3. Si votre état vous inquiète : en cas d’urgence, appelez le 15 ou le 112. En cas de détresse psychique, le 3114 répond jour et nuit.

Liste à imprimer

Avant la consultation de prolongation

Arriver à la consultation avec ce qui a changé

Le questionnaire gratuit reprend votre situation depuis l'arrêt initial. La synthèse « prolongation » montre au médecin l'avant et l'après sur une page. Le pack Arrêt + Prolongation coûte 19,90 €. Vos réponses restent sur votre téléphone.

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