Préparer la consultation
Arrêt de travail pour burn-out : préparer la consultation
ConsultMalin ne fournit aucun avis médical. Ce guide explique les règles générales ; c'est votre médecin qui décide d'un arrêt et de sa durée.
Règles vérifiées le 22/10/2026 sur les sources officielles citées en bas de page. Notre méthode
La réponse courte
Selon la HAS, un arrêt de travail est le plus souvent nécessaire en cas d'épuisement professionnel, avec une durée adaptée à l'évolution. C'est le médecin qui l'évalue : décrire vos conditions de travail, vos symptômes et leur retentissement l'y aide.
Ce que la HAS appelle épuisement professionnel
Le burn-out, ou syndrome d’épuisement professionnel, est décrit par la Haute Autorité de santé (HAS) comme un « épuisement physique, émotionnel et mental ». Il fait suite à un investissement prolongé dans des situations de travail exigeantes sur le plan émotionnel (fiche mémo HAS).
La HAS retient trois dimensions :
- l’épuisement émotionnel : la sensation d’être vidé ;
- le cynisme ou la dépersonnalisation : une mise à distance, une froideur envers le travail ou les autres ;
- la diminution de l’accomplissement personnel : le sentiment de ne plus être efficace.
L’INRS, l’organisme de prévention des risques professionnels, parle d’un ensemble de réactions à un stress professionnel chronique (INRS). La HAS précise que le burn-out n’est pas considéré comme une maladie dans les classifications internationales. Elle demande au médecin de rechercher d’éventuels troubles sous-jacents : trouble de l’adaptation, anxieux, dépressif ou état de stress post-traumatique (fiche mémo HAS).
Seul un professionnel de santé peut évaluer votre situation. Les questionnaires trouvés en ligne ne remplacent pas cette évaluation. La HAS rappelle d’ailleurs qu’ils « n’ont pas été construits comme des instruments d’évaluation individuelle ».
Ce que la HAS dit de l’arrêt de travail
La fiche mémo de la HAS est claire sur deux points :
- un arrêt de travail est « le plus souvent nécessaire » ;
- sa durée doit être « adaptée à l’évolution du trouble et du contexte socioprofessionnel ».
La HAS ne fixe aucune durée type. C’est votre médecin qui décide s’il prescrit un arrêt, et pour combien de temps. Depuis le 1er septembre 2026, un premier arrêt est plafonné à 31 jours et chaque prolongation à 62 jours, sauf dérogation justifiée sur la prescription. Le détail est dans notre guide sur la durée maximale d’un arrêt maladie.
La HAS confie au médecin traitant la coordination de la prise en charge. Il peut vous orienter vers un psychiatre. Avec votre accord, il peut aussi contacter le médecin du travail (fiche mémo HAS).
Préparer ce que vous allez dire
Quand on est épuisé, il est difficile de tout raconter en quelques minutes. La HAS note aussi que le déni, c’est-à-dire le fait de ne pas reconnaître sa propre difficulté, peut retarder la prise en charge. Quelques notes écrites à l’avance aident beaucoup.
| À préparer | Exemples de questions à vous poser |
|---|---|
| Charge de travail | Le volume a-t-il augmenté ? Les objectifs sont-ils atteignables ? |
| Horaires | Est-ce que je travaille tard, le week-end, pendant mes congés ? |
| Changements | Réorganisation, nouveau poste, départs non remplacés, nouveaux outils ? |
| Symptômes | Fatigue, sommeil, concentration, irritabilité, douleurs : depuis quand ? |
| Évolution | Est-ce stable, de pire en pire, par vagues ? |
| Retentissement au travail | Qu’est-ce que je n’arrive plus à faire, ou plus aussi bien ? |
| Retentissement à la maison | Repas, ménage, enfants, sorties : qu’est-ce qui a changé ? |
| Ce que j’ai déjà essayé | Congés, traitements, psychologue, médecin du travail : avec quel effet ? |
Le retentissement, c’est l’effet concret de vos difficultés sur votre vie. « Je suis fatigué » dit peu de chose. « Je relis trois fois le même courriel sans le comprendre » en dit beaucoup plus.
Décrire le travail sans nommer de personnes
La HAS demande au médecin d’explorer les conditions de travail : charge, exigences émotionnelles, autonomie, relations, conflits de valeurs, insécurité de l’emploi (fiche mémo HAS). Ce sont ces faits qui l’intéressent.
Décrivez des situations, pas des personnes. Par exemple :
- « Mon équipe est passée de cinq à trois personnes, avec la même charge. »
- « Je reçois des messages professionnels le soir et le week-end. »
- « On me demande des choses contraires à ce que je crois juste. »
Inutile de citer un nom. Le médecin n’est pas là pour juger un collègue ou un responsable. Il cherche à comprendre ce que vous vivez et son effet sur votre santé. Pour aller plus loin, voir notre guide comment parler à son médecin d’un arrêt de travail.
Restez aussi sincère : ni exagérer, ni minimiser. Pendant un arrêt, des contrôles existent, et ne pas respecter ses obligations peut entraîner la suspension des indemnités (F303).
Le rôle du médecin du travail
Le médecin du travail est le médecin rattaché à votre entreprise ou à son service de santé au travail. Il connaît votre environnement de travail. Tout salarié peut demander à le voir, à tout moment, y compris pendant un arrêt (fiche mémo HAS).
Selon la HAS, il joue « un rôle clé » dans le retour au travail. Il peut :
- analyser votre poste et vos conditions de travail ;
- recommander des aménagements ou adaptations du poste à l’employeur ;
- proposer des pistes de reclassement ou de formation si besoin.
La visite de préreprise prépare le retour avec lui. Elle peut être organisée pendant un arrêt de plus de 30 jours. Vous pouvez la demander vous-même, tout comme votre médecin traitant, le médecin conseil ou le médecin du travail (F2871). Après un arrêt d’au moins 60 jours pour une maladie non professionnelle, une visite de reprise est obligatoire, sauf dispense (F2871).
Arrêt maladie ou maladie professionnelle
Dans la plupart des cas, l’arrêt prescrit est un arrêt maladie ordinaire. Ses règles d’envoi et d’indemnisation sont celles de notre guide sur l’arrêt maladie en 2026.
Une maladie professionnelle est une maladie causée par le travail, reconnue par l’Assurance Maladie. Beaucoup de ces maladies sont listées dans des tableaux, qui fixent les conditions de reconnaissance. Il n’existe pas de tableau pour les atteintes à la santé liées aux risques psychosociaux, dont fait partie l’épuisement professionnel (INRS).
Une maladie absente des tableaux peut toutefois être reconnue au cas par cas, à deux conditions (ameli, F31880) :
- elle doit être « essentiellement et directement causée » par le travail habituel ;
- elle doit entraîner le décès ou une incapacité permanente d’au moins 25 %.
Le dossier est alors examiné par le comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP). Son avis s’impose à la caisse (ameli). Pour les risques psychosociaux, l’INRS indique que seules trois pathologies peuvent être examinées par le CRRMP. Ce sont l’anxiété généralisée, la dépression sévère et le syndrome post-traumatique (INRS). La déclaration se fait auprès de votre caisse, avec un certificat médical (ameli). Ces démarches sont techniques : parlez-en à votre médecin, qui peut vous orienter.
Prolongation et reprise
Si votre état le justifie, votre médecin peut prolonger l’arrêt. C’est en principe le prescripteur initial ou votre médecin traitant qui le fait (F303). Notre guide sur la prolongation d’un arrêt maladie détaille les règles.
Au moment de la reprise, plusieurs formes existent. Le temps partiel thérapeutique permet de reprendre à temps partiel pour raison de santé. Il est prescrit par le médecin traitant. Il nécessite un avis du médecin du travail et l’accord de principe de l’employeur. Le médecin conseil de la caisse décide du versement des indemnités journalières (F144).
Ce n’est pas un droit automatique, ni une étape obligatoire. C’est une possibilité à discuter avec vos médecins. Notre guide sur l’arrêt de longue durée et la reprise complète ce point.
En cas de détresse
La HAS demande au médecin d’évaluer avec attention le risque suicidaire en cas d’épuisement. Si vous avez des idées suicidaires ou si vous êtes en danger, n’attendez pas la consultation.
- 15 : SAMU, urgence médicale.
- 112 : numéro d’urgence européen.
- 3114 : numéro national de prévention du suicide, gratuit, 24 h/24 et 7 j/7 (3114.fr).
Et ensuite
- Préparer (gratuit jusqu’à l’aperçu) : notre questionnaire vous aide à rassembler conditions de travail, symptômes et retentissement sur une page à montrer au médecin.
- Après la consultation : si un arrêt est prescrit, envoyez-le dans les 48 heures (F303). Le suivi des échéances et de la reprise se fait sur DossierMalin.
- Pour une prolongation : notre outil prolongation aide à montrer ce qui a changé depuis la dernière consultation.
Liste à imprimer
Avant la consultation pour épuisement
Mettre des mots sur l'épuisement
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