Arrêt long et reprise

Arrêt maladie de longue durée et reprise : préreprise, mi-temps thérapeutique

ConsultMalin ne fournit aucun avis médical. Ce guide explique les règles générales ; c'est votre médecin qui décide d'un arrêt et de sa durée.

Mis à jour le · 7 min de lecture · L’équipe ConsultMalin

Règles vérifiées le 22/10/2026 sur les sources officielles citées en bas de page. Notre méthode

La réponse courte

Il n'existe pas de définition légale unique de l'arrêt maladie de longue durée. Des règles changent après 30 jours, 60 jours et 6 mois d'arrêt. Depuis le 15 octobre 2026, l'indemnisation d'un arrêt de plus de 6 mois est limitée à 1 an hors ALD exonérante, au lieu de 3 ans.

Ce qu’on appelle un arrêt maladie de longue durée

Le terme « arrêt maladie de longue durée » est très utilisé. Pourtant, aucun texte ne lui donne une définition unique.

Selon le contexte, il peut désigner :

  • un arrêt lié à une affection de longue durée (ALD, maladie grave ou chronique qui demande un traitement prolongé) ;
  • un arrêt de plus de 6 mois, seuil à partir duquel des règles d’indemnisation particulières s’appliquent (F3053, A19066) ;
  • plus largement, un arrêt qui dure plusieurs mois, avec des prolongations successives.

Plusieurs seuils comptent en pratique : 30 jours (préreprise, rendez-vous de liaison), 60 jours (visite de reprise obligatoire), 6 mois (règles d’indemnisation). Ce guide les présente dans l’ordre.

Il n’existe pas non plus de durée totale fixe pour un arrêt. Chaque prescription est plafonnée : 31 jours pour la première, 62 jours pour chaque prolongation, sauf justification du médecin (A18962). Le détail est dans le guide durée maximale d’un arrêt maladie.

ConsultMalin ne dit pas combien de temps un arrêt devrait durer. C’est votre médecin qui décide, à chaque consultation.

L’indemnisation d’un arrêt long depuis le 15 octobre 2026

Il faut distinguer la durée de prescription et la durée d’indemnisation. La seconde correspond au temps pendant lequel l’Assurance Maladie verse des indemnités journalières (IJ, la somme qui remplace en partie le salaire).

La seconde n’a pas changé au 1er septembre 2026. Elle a changé au 15 octobre 2026 pour certains arrêts longs.

  • Cas général : au maximum 360 indemnités journalières sur 3 ans (ameli). Service-Public parle de 12 mois d’IJ par période de 3 ans consécutifs (F3053).
  • Arrêt de plus de 6 mois, hors ALD exonérante : depuis le 15 octobre 2026, l’indemnisation est limitée à 1 an, au lieu de 3 ans (A19066).
  • Affection de longue durée exonérante (ALD, maladie grave ou chronique qui demande un traitement prolongé, avec soins pris en charge au taux maximal) : indemnités journalières pendant 3 ans au maximum (A19066, Code du travail numérique).

Ces règles ne concernent pas les accidents du travail ni les maladies professionnelles.

La limite d’1 an vise les arrêts prescrits depuis le 15 octobre 2026. Elle vise aussi les arrêts en cours qui atteignent 6 mois après cette date. Les salariés déjà en arrêt depuis plus de 6 mois au 15 octobre 2026 gardent l’ancienne règle, avec jusqu’à 3 ans d’indemnisation (A19066). Pour une nouvelle période d’1 an pour la même maladie, il faut avoir repris le travail au moins 1 an (A19066).

Ce changement vient du décret n° 2026-866 du 16 septembre 2026.

Le médecin traitant ou le service médical de la caisse peut vous dire si votre situation relève d’une ALD (A19066).

Les conditions pour être indemnisé au-delà de 6 mois

Pour toucher des IJ après 6 mois d’arrêt, il faut remplir des conditions d’activité (F3053). Il faut remplir l’une de ces deux conditions :

  • être affilié depuis au moins 12 mois, et avoir travaillé au moins 600 heures sur les 12 mois civils ou 365 jours précédant l’arrêt ;
  • ou avoir cotisé sur une rémunération d’au moins 2 030 fois le Smic horaire sur la même période.

Le montant suit les règles habituelles : 50 % du salaire journalier de base, dans la limite de 1,4 fois le Smic. Pour un arrêt prescrit à compter de juillet 2026, l’IJ ne dépasse pas 42,97 € brut par jour (ameli, F3053).

Le contrôle médical pendant un arrêt long

Un arrêt qui dure est plus souvent examiné par l’Assurance Maladie. Quand une prolongation dépasse 3 mois, le médecin peut demander l’avis du service du contrôle médical de la caisse (F303). Le médecin conseil de la CPAM peut aussi vous convoquer.

L’employeur peut, de son côté, organiser une contre-visite médicale, car il verse souvent un complément de salaire (F3053).

Pendant l’arrêt, vous devez respecter les heures de sortie et accepter les contrôles (F303). Depuis le 19 septembre 2026, une sanction est possible contre une personne qui cherche à se faire prescrire un arrêt injustifié par son état de santé (Code du travail numérique) art. R147-6 CSS. Le guide contrôle d’un arrêt maladie détaille ces étapes.

Les étapes qui préparent la reprise

Le rendez-vous de liaison, après plus de 30 jours

Le rendez-vous de liaison réunit le salarié et l’employeur, avec le service de prévention et de santé au travail. Il est possible après plus de 30 jours d’arrêt, continus ou cumulés (F144).

Vous pouvez le demander, ou l’employeur peut le proposer. Il est facultatif. Ce n’est pas une visite médicale. Il ne remplace ni la préreprise ni la visite de reprise (F144).

La visite de préreprise, après plus de 30 jours

La visite de préreprise se passe avec le médecin du travail. Ce médecin suit la santé des salariés en lien avec leur poste. Il ne prescrit pas d’arrêt.

Elle peut être organisée après plus de 30 jours d’arrêt (F2871). Vous pouvez la demander vous-même. Votre médecin traitant, le médecin conseil ou le médecin du travail peuvent aussi la demander.

Elle sert à anticiper la reprise. Le médecin du travail peut recommander des aménagements du poste, un reclassement ou des formations (F2871). L’Assurance Maladie cite aussi l’essai encadré et le temps partiel thérapeutique (ameli médecin).

L’employeur est informé de la visite, sauf si vous vous y opposez (F2871).

La visite de reprise, obligatoire après 60 jours

Après un arrêt maladie non professionnel d’au moins 60 jours, une visite de reprise est obligatoire (F2871). L’employeur l’organise avec le médecin du travail, au plus tard 8 jours après la reprise (F144).

Elle vérifie que votre poste est compatible avec votre état de santé. Le médecin du travail peut proposer des aménagements ou un reclassement.

Pour les arrêts délivrés depuis le 15 juin 2026, cette visite peut être dispensée. Il faut deux conditions (F2871) :

  • une visite de préreprise a eu lieu dans les 30 jours avant la reprise ;
  • le médecin du travail n’a jugé nécessaire aucun aménagement du poste ni du temps de travail.

La visite reste due si vous, l’employeur ou le médecin du travail la demandez (F2871). Elle peut se faire en téléconsultation, avec votre accord (F2871).

Le temps partiel thérapeutique

Ce que c’est

Le temps partiel thérapeutique est souvent appelé « mi-temps thérapeutique ». Il permet de travailler à temps réduit pour raison de santé. Il n’est pas forcément à mi-temps.

Le médecin traitant peut le recommander si le travail aide à améliorer l’état de santé. Il peut aussi le recommander si une rééducation ou une réadaptation professionnelle est nécessaire (F144).

Les étapes, de la prescription aux IJ

La démarche suit plusieurs étapes (F144) :

  1. le médecin traitant prescrit le temps partiel thérapeutique avant la reprise ;
  2. vous envoyez la prescription à la CPAM (ou à la MSA) et à l’employeur ;
  3. l’employeur organise la visite avec le médecin du travail ;
  4. si l’avis est favorable, l’employeur donne son accord ;
  5. vous convenez ensemble de la répartition des heures ;
  6. le médecin conseil de la CPAM décide du versement des IJ.

Le salaire est versé pour les heures travaillées. Le montant des IJ ne peut pas dépasser la perte de salaire liée au temps réduit (F144).

Un temps partiel thérapeutique sans arrêt de travail préalable

Selon Service-Public, la mise en place du temps partiel thérapeutique « n’est pas obligatoirement consécutive à la période d’arrêt de travail » (F144). Il est possible de reprendre à temps complet, puis de revoir le médecin du travail pour demander un temps partiel si nécessaire (F144).

Sur son forum, un conseiller de l’Assurance Maladie a aussi répondu que la prescription sans arrêt préalable est possible (forum ameli). Votre caisse peut vous confirmer ce qui s’applique à votre situation.

ConsultMalin ne vous conseille ni l’arrêt, ni la reprise, ni le temps partiel. Vous pouvez poser la question à votre médecin s’il vous semble utile d’en parler.

Les seuils d’un arrêt long en un tableau

Point Règle Source
Durée par prescription 31 jours puis 62 jours par prolongation, sauf justification A18962
Durée totale de l’arrêt Pas de durée fixe ameli
Rendez-vous de liaison Possible après plus de 30 jours, facultatif F144
Visite de préreprise Possible après plus de 30 jours F2871
Visite de reprise Obligatoire après au moins 60 jours, sauf dispense F2871
Indemnisation, arrêt de plus de 6 mois hors ALD exonérante 1 an depuis le 15 octobre 2026 A19066
Indemnisation, ALD exonérante 3 ans A19066
Temps partiel thérapeutique Prescrit par le médecin traitant, accord de l’employeur après avis du médecin du travail F144

Préparer les consultations de prolongation et de reprise

Pendant un arrêt long, les consultations se suivent. À chacune, le médecin décide à nouveau : prolongation, reprise, ou autre solution. Il s’appuie sur ce que vous lui décrivez.

Quelques informations l’aident à voir le chemin parcouru :

  • l’évolution depuis le début : ce qui va mieux, ce qui est stable, ce qui est moins bien ;
  • ce qui a changé : examens, avis de spécialistes, traitements modifiés ;
  • les freins concrets à la reprise : tâches, horaires, trajets, port de charges, écrans ;
  • les aménagements dont vous voulez parler : préreprise, temps partiel thérapeutique, adaptation du poste ;
  • votre quotidien : sommeil, fatigue, ce que vous arrivez à faire ou non.

Décrivez les faits tels qu’ils sont, sans les grossir ni les minimiser. Le guide prolongation d’un arrêt maladie détaille qui peut prolonger et quand consulter. Pour présenter ces éléments, voir le guide parler d’un arrêt de travail à son médecin.

Si vous traversez une période de détresse, appelez le 15, le 112 ou le 3114 (numéro national de prévention du suicide).

Et ensuite

  1. Préparer la consultation (gratuit jusqu’à l’aperçu) : le questionnaire prolongation reprend votre situation depuis le début de l’arrêt et produit une synthèse d’une page. Vos réponses restent sur votre téléphone.
  2. Après la consultation : envoyez tout nouvel avis sous 48 heures, à la CPAM et à l’employeur (F303).
  3. Pour suivre l’arrêt et la reprise : le site partenaire DossierMalin aide à suivre les échéances, les envois et la reprise.

Liste à imprimer

Avant une consultation de suivi ou de reprise

Préparer les consultations de prolongation et de reprise

Le questionnaire gratuit reprend votre situation depuis le début de l'arrêt : évolution, freins à la reprise, questions sur les aménagements. La synthèse tient sur une page. Le pack Arrêt + Prolongation coûte 19,90 €. Vos réponses restent sur votre téléphone.

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