Arrêt de travail et revenus

Arrêt de travail et salaire : ce que vous touchez, et pourquoi le montant change

ConsultMalin ne fournit aucun avis médical. Ce guide explique les règles générales ; c'est votre médecin qui décide d'un arrêt et de sa durée.

Mis à jour le · 7 min de lecture · L’équipe ConsultMalin

Règles vérifiées le 22/10/2026 sur les sources officielles citées en bas de page. Notre méthode

La réponse courte

Pendant un arrêt de travail, votre revenu vient de plusieurs sources : les indemnités journalières de l'Assurance maladie, puis, avec au moins un an d'ancienneté, un complément de l'employeur qui porte le total à 90 %, puis à 66,66 % du salaire brut. Ce complément est limité dans le temps : c'est pourquoi le revenu peut baisser au fil des semaines.

Les sources de revenu pendant un arrêt de travail

Quand vous êtes en arrêt de travail, votre employeur ne vous verse plus votre salaire habituel. Il est remplacé, en partie, par plusieurs sommes qui s’additionnent.

  1. Les indemnités journalières (IJ) : une somme versée par l’Assurance maladie pour chaque jour d’arrêt, après 3 jours de carence (F3053).
  2. Le complément légal de l’employeur : une somme prévue par le code du travail, qui s’ajoute aux IJ sous conditions art. L1226-1 C. trav..
  3. La convention collective ou un accord d’entreprise : ils peuvent prévoir mieux que la loi, jamais moins (Code du travail numérique).
  4. La prévoyance : un contrat d’assurance collectif, souvent souscrit par l’employeur, qui peut verser des indemnités en plus.

Ce guide concerne les salariés du secteur privé, en arrêt pour une maladie non professionnelle. Les fonctionnaires, les indépendants et les accidents du travail suivent d’autres règles.

Les indemnités journalières, la base du revenu

L’IJ vaut 50 % de votre salaire journalier de base. Pour un salaire mensuel, ce salaire de base est la somme des 3 derniers salaires bruts, divisée par 91,25 (F3053).

Le salaire retenu est plafonné à 1,4 fois le SMIC, soit 2 613,82 € brut par mois en 2026 selon Service-Public. L’IJ ne dépasse donc pas 42,97 € brut par jour pour un arrêt prescrit à compter de juillet 2026 (F3053, ameli).

Les IJ sont soumises à la CSG (6,2 %) et à la CRDS (0,5 %). Elles sont aussi imposables, sauf en cas d’affection de longue durée exonérante (ameli). Le montant versé est donc un peu inférieur au montant brut.

Le complément légal de l’employeur

Les conditions

Le code du travail prévoit une indemnité complémentaire. Elle s’ajoute aux IJ. Pour y avoir droit, il faut (F3053) art. L1226-1 C. trav. :

  • un an d’ancienneté au moins dans l’entreprise, appréciée au premier jour d’absence ;
  • avoir transmis l’arrêt à l’employeur dans les 48 heures ;
  • relever d’un régime de sécurité sociale qui verse des IJ ;
  • être soigné en France ou dans un pays de l’Espace économique européen.

La loi n’ouvre pas ce complément au travail à domicile, saisonnier, intermittent ou temporaire (F3053). Une convention collective peut prévoir autre chose.

Le complément légal n’est pas dû non plus en cas de fraude avérée aux IJ dont l’employeur a été informé art. L1226-1 C. trav..

Les taux et le point de départ

Le complément ne démarre pas tout de suite. Une carence employeur de 7 jours s’applique à chaque arrêt : il commence au 8e jour (F3053) art. D1226-3 C. trav.. Pour un accident du travail ou une maladie professionnelle, hors accident de trajet, il démarre dès le premier jour art. D1226-3 C. trav..

Ensuite, l’employeur complète vos IJ pour atteindre art. D1226-1 C. trav. :

  • 90 % de la rémunération brute que vous auriez perçue en travaillant, pendant une première période ;
  • puis les deux tiers (66,66 %) de cette rémunération, pendant une seconde période.

L’employeur déduit vos IJ. Il déduit aussi les indemnités de prévoyance, pour la part financée par ses propres cotisations art. D1226-5 C. trav..

Les durées selon l’ancienneté

Chaque période dure 30 jours, plus 10 jours par tranche entière de 5 ans d’ancienneté au-delà de la première année. Elle ne dépasse jamais 90 jours art. D1226-2 C. trav..

Ancienneté Période à 90 % Puis à 66,66 % Dernier jour couvert par le complément légal
1 à 5 ans 30 jours 30 jours 67e jour d’arrêt
6 à 10 ans 40 jours 40 jours 87e jour d’arrêt
11 à 15 ans 50 jours 50 jours 107e jour d’arrêt
16 à 20 ans 60 jours 60 jours 127e jour d’arrêt
21 à 25 ans 70 jours 70 jours 147e jour d’arrêt
26 à 30 ans 80 jours 80 jours 167e jour d’arrêt
31 ans et plus 90 jours 90 jours 187e jour d’arrêt

La dernière colonne suppose un seul arrêt continu, sans arrêt indemnisé par l’employeur dans les 12 mois précédents. Elle tient compte des 7 jours de carence employeur (F3053).

Pourquoi le salaire baisse après quelques semaines

Le complément légal ne couvre pas tout l’arrêt. Le revenu peut donc baisser en deux temps : au passage de 90 % à 66,66 %, puis à la fin du complément.

Après la fin du complément, il ne reste que les IJ, soit environ la moitié du salaire brut, dans la limite du plafond. Ce passage aux seules IJ explique souvent la perte de salaire lors d’un arrêt maladie de plus de 3 mois. Avec 1 à 5 ans d’ancienneté, le complément légal prend fin après le 67e jour.

Les jours comptent aussi d’un arrêt à l’autre. Les jours de complément versés sur les 12 derniers mois sont décomptés : un nouvel arrêt ne remet pas le compteur à zéro art. D1226-4 C. trav..

Pour un arrêt de plus de 6 mois, la durée de versement des IJ elle-même est encadrée depuis le 15 octobre 2026 (A19066). Le guide arrêt de longue durée et reprise détaille ce point.

Toucher 100 % de son salaire en arrêt maladie : dans quels cas

Le complément légal plafonne à 90 % du salaire brut. Un salaire maintenu à 100 % n’est possible que si un autre texte le prévoit :

  • la convention collective : elle peut maintenir intégralement le salaire, par exemple (F3053) ;
  • un accord d’entreprise ou le contrat de travail, s’il est au moins aussi favorable que la loi (Code du travail numérique) ;
  • le contrat de prévoyance, qui peut prendre le relais selon ses propres conditions.

Ces textes peuvent aussi réduire ou supprimer la carence. Un accord collectif peut même maintenir le salaire pendant les 3 jours de carence des IJ (ameli).

Votre bulletin de paie indique en principe quelle convention s’applique. Votre service de paie ou les ressources humaines peuvent vous dire ce qu’elle prévoit, de préférence par écrit.

La subrogation : qui vous paie pendant l’arrêt

La subrogation est un mécanisme de paiement. Quand l’employeur maintient votre salaire, la caisse peut lui verser vos IJ à votre place. Il vous reverse alors l’ensemble sur votre paie (ameli).

Sans subrogation, l’argent arrive par deux canaux : la caisse vous verse les IJ, et l’employeur ajoute le complément à votre paie. Dans les deux cas, le montant dû est le même.

Un exemple chiffré

Prenons Karim, salarié depuis 7 ans, payé 2 400 € brut par mois. Il est en arrêt maladie pendant 100 jours, sans autre arrêt dans l’année. Les montants sont bruts, calculés par jour calendaire. Votre bulletin peut aboutir à des montants un peu différents.

  • Salaire journalier de base : 2 400 × 3 ÷ 91,25 = 78,90 €. L’IJ en est la moitié : 39,45 € par jour, selon la méthode de F2022.
  • Salaire de référence par jour calendaire : 2 400 × 12 ÷ 365 = 78,90 €. À 90 %, cela fait 71,01 € ; aux deux tiers, 52,60 €.
  • Ancienneté de 7 ans : 40 jours à 90 %, puis 40 jours à 66,66 % (D1226-2).
Jours d’arrêt Ce qui est versé par jour Total de la période
1 à 3 Rien (carence des IJ) 0 €
4 à 7 IJ seules : 39,45 € 157,80 €
8 à 47 IJ + complément = 71,01 € 2 840,40 €
48 à 87 IJ + complément = 52,60 € 2 104,00 €
88 à 100 IJ seules : 39,45 € 512,85 €

Sur 100 jours, Karim reçoit 5 615,05 € brut, contre environ 7 890 € s’il avait travaillé. Ramené à 30 jours, son revenu passe d’environ 2 130 € à 90 %, à 1 578 € à 66,66 %. Avec les IJ seules, il tombe à 1 183,50 €.

Si sa convention prévoit un maintien à 100 %, ces chiffres changent. Ils changent aussi s’il a déjà été arrêté dans les 12 derniers mois.

Ce que cela change pour la consultation

La question du salaire est légitime. Elle ne relève pourtant pas du médecin. Il décide de l’arrêt et de sa durée selon votre état de santé, pas selon votre fiche de paie.

ConsultMalin ne vous conseille pas un arrêt plus court ou plus long pour des raisons financières. Ce qui aide le médecin, ce sont des faits :

  • vos symptômes, leur durée et leur évolution ;
  • leur effet concret sur votre poste : tâches, horaires, trajets ;
  • ce qui a changé depuis la dernière consultation.

Les questions d’argent se règlent plutôt avant ou après, avec votre service de paie. Si une reprise progressive vous semble envisageable, vous pouvez en parler au médecin. Le guide arrêt de longue durée et reprise présente le temps partiel thérapeutique.

Un arrêt qui ne correspond pas à votre état de santé expose à des sanctions depuis le 19 septembre 2026 art. R147-6 CSS. L’employeur qui verse un complément peut aussi organiser une contre-visite (F3053). Voir le guide contrôle d’un arrêt maladie.

Pour présenter votre situation clairement, voir le guide parler d’un arrêt de travail à son médecin. Les règles générales sont rappelées dans arrêt maladie en 2026.

Et ensuite

  1. Préparer la consultation : notre questionnaire gratuit vous aide à décrire vos symptômes et leur effet sur votre travail. La synthèse tient sur une page. Vos réponses restent sur votre téléphone.
  2. Après la consultation : envoyez l’arrêt sous 48 heures et demandez à votre service de paie ce que prévoient la convention et la prévoyance.
  3. Pour suivre l’arrêt : le site partenaire DossierMalin aide à suivre les échéances, les envois et la reprise.

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