Règles de l'arrêt de travail
Durée maximale d'un arrêt maladie : 31 jours, puis 62 jours
ConsultMalin ne fournit aucun avis médical. Ce guide explique les règles générales ; c'est votre médecin qui décide d'un arrêt et de sa durée.
Règles vérifiées le 22/10/2026 sur les sources officielles citées en bas de page. Notre méthode
La réponse courte
Depuis le 1er septembre 2026, un premier arrêt maladie ne peut pas dépasser 31 jours, et chaque prolongation 62 jours, sauf si le médecin justifie une durée plus longue. Il n'existe pas de durée totale fixe ; c'est l'indemnisation qui est limitée, à 1 an pour certains arrêts longs depuis le 15 octobre 2026.
La règle en vigueur depuis le 1er septembre 2026
Un arrêt de travail pour maladie est prescrit pour une durée précise. Depuis le 1er septembre 2026, cette durée est plafonnée.
- Une première prescription ne peut pas dépasser 31 jours.
- Une prolongation (le fait de continuer un arrêt en cours) ne peut pas dépasser 62 jours.
Ces plafonds valent pour les arrêts prescrits ou prolongés à partir du 1er septembre 2026 (A18962). Ils s’appliquent aux médecins, aux sages-femmes et aux chirurgiens-dentistes. Ils ne s’appliquent pas à Mayotte.
La règle vient de l’article 81 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025). Le détail est fixé par décret (décret n° 2026-498 du 12 juin 2026, art. R162-1-7-1 CSS).
On parle souvent d’« un mois » puis de « deux mois ». Les textes officiels, eux, comptent en jours : 31 et 62.
Ces plafonds concernent l’arrêt maladie, à temps complet ou en temps partiel thérapeutique, avec ou sans affection de longue durée (forum ameli). Ils ne concernent pas les arrêts pour accident du travail ou maladie professionnelle.
Une durée plus longue reste possible, avec une justification
Le plafond n’est pas absolu. Le médecin peut prescrire plus longtemps s’il estime que votre état de santé le nécessite. Il doit alors justifier ce choix sur la prescription (ameli).
Il tient compte des recommandations de la HAS (Haute Autorité de santé, l’organisme public qui publie des repères pour les soignants), quand elles existent (A18962).
En pratique, selon l’Assurance Maladie, le motif de l’arrêt doit être systématiquement précisé. Pour une dérogation :
- pour un arrêt télétransmis (envoyé en ligne par le médecin), le motif médical de la dérogation est demandé automatiquement ;
- sur un formulaire papier, le médecin coche la dérogation et précise le motif dans la case prévue.
Cette décision appartient au médecin seul. Ce n’est ni un droit, ni une durée que le patient peut demander. ConsultMalin ne suggère aucune durée, pour aucune maladie.
Ce que la réforme du 1er septembre n’a pas changé
Pas de durée totale fixe pour un arrêt
Le plafond porte sur chaque prescription, pas sur la durée totale de l’arrêt. Un arrêt peut être prolongé plusieurs fois, tant que le médecin l’estime nécessaire.
Si votre état demande un arrêt plus long que la prescription en cours, il faut revoir votre médecin (ameli). Voir aussi le guide sur la prolongation d’un arrêt maladie.
Une indemnisation qui, elle, est limitée
Il faut bien distinguer deux choses :
- la durée de prescription : combien de jours couvre un avis d’arrêt ;
- la durée d’indemnisation : combien de temps l’Assurance Maladie verse des indemnités journalières (IJ, la somme qui remplace en partie le salaire).
La seconde n’a pas changé au 1er septembre 2026. Elle a changé au 15 octobre 2026 pour certains arrêts longs.
- Cas général : au maximum 360 indemnités journalières sur 3 ans (ameli). Service-Public parle de 12 mois d’IJ par période de 3 ans consécutifs (F3053).
- Arrêt de plus de 6 mois, hors ALD exonérante : depuis le 15 octobre 2026, l’indemnisation est limitée à 1 an, au lieu de 3 ans (A19066).
- Affection de longue durée exonérante (ALD, maladie grave ou chronique qui demande un traitement prolongé, avec soins pris en charge au taux maximal) : indemnités journalières pendant 3 ans au maximum (A19066, Code du travail numérique).
Ces règles ne concernent pas les accidents du travail ni les maladies professionnelles.
La limite d’1 an vise les arrêts prescrits depuis le 15 octobre 2026. Elle vise aussi les arrêts en cours qui atteignent 6 mois après cette date. Les salariés déjà en arrêt depuis plus de 6 mois au 15 octobre 2026 gardent l’ancienne règle, avec jusqu’à 3 ans d’indemnisation (A19066). Pour une nouvelle période d’1 an pour la même maladie, il faut avoir repris le travail au moins 1 an (A19066).
Ce changement vient du décret n° 2026-866 du 16 septembre 2026.
Le versement suit aussi d’autres règles : 3 jours de carence (jours non indemnisés au début de l’arrêt), et une IJ égale à 50 % du salaire journalier de base. Ce salaire est retenu dans la limite de 1,4 fois le Smic mensuel. Pour un arrêt prescrit à compter de juillet 2026, l’IJ ne dépasse pas 42,97 € brut par jour (ameli, F3053).
Le cas de la téléconsultation : 3 jours
Une téléconsultation est une consultation à distance, en vidéo. Les règles y sont plus strictes que le plafond de 31 jours.
- Un arrêt prescrit ou renouvelé en téléconsultation ne peut pas dépasser 3 jours (ameli).
- Aucun renouvellement ultérieur ne peut être prescrit en téléconsultation (ameli).
- Depuis le 27 juin 2026, la durée totale d’un arrêt prescrit à distance est limitée à 3 jours, période initiale et renouvellement compris (loi n° 2026-534 du 25 juin 2026).
Ces limites ne s’appliquent pas si la téléconsultation est faite par votre médecin traitant (ou son remplaçant) ou votre sage-femme référente. Pour une prolongation, elles ne s’appliquent pas non plus si vous prouvez que vous ne pouviez pas consulter en personne (ameli). Les arrêts pour état pathologique de la grossesse ne sont pas concernés (ameli).
Le détail est dans le guide sur l’arrêt de travail en téléconsultation. Méfiez-vous aussi des sites qui vendent un « arrêt en PDF » sans vraie consultation : voir le guide sur l’arrêt de travail en ligne.
Avant et après les réformes de 2026
| Point | Avant | Depuis les réformes de 2026 | Source |
|---|---|---|---|
| Première prescription | Pas de plafond général | 31 jours maximum (1er septembre 2026) | décret n° 2026-498 |
| Prolongation | Pas de plafond général | 62 jours maximum (1er septembre 2026) | décret n° 2026-498 |
| Durée plus longue | Libre choix du prescripteur | Possible, avec justification sur la prescription | ameli |
| Téléconsultation (hors médecin traitant) | 3 jours maximum | 3 jours maximum, renouvellement compris (depuis le 27 juin 2026) | A18975 |
| Durée totale de l’arrêt | Pas de durée fixe | Inchangé : pas de durée fixe | ameli |
| Indemnisation (cas général) | 360 IJ sur 3 ans | Inchangé | ameli |
| Indemnisation, arrêt de plus de 6 mois hors ALD exonérante | 3 ans | 1 an depuis le 15 octobre 2026 | A19066 |
| Indemnisation (ALD exonérante) | 3 ans | Inchangé | A19066 |
Pour une vue d’ensemble des changements, voir le guide arrêt maladie : ce qui change en 2026.
Pourquoi les consultations de suivi deviennent plus fréquentes
Avec des prescriptions plus courtes, un arrêt qui dure se découpe en plusieurs étapes. Chaque étape demande une nouvelle consultation.
À chaque fois, le médecin décide à nouveau : reprise, prolongation, ou autre solution. Il s’appuie sur ce que vous lui décrivez.
Une prolongation peut être prescrite par le médecin qui a fait la première prescription, ou par votre médecin traitant. Des exceptions existent : leur remplaçant, un spécialiste consulté à la demande du médecin traitant, ou le médecin qui vous suit pendant une hospitalisation (F303). Une sage-femme ou un chirurgien-dentiste peut aussi prolonger un arrêt (A18962).
Ces rendez-vous sont souvent courts. Il est facile d’oublier un symptôme, une date ou une difficulté concrète.
Comment préparer une consultation de suivi
Quelques informations aident le médecin à voir l’évolution depuis la dernière fois :
- les dates : début de l’arrêt, fin de la prescription en cours ;
- ce qui a changé : symptômes, sommeil, douleur, fatigue, en vos propres mots ;
- les traitements suivis et les examens faits ou prévus ;
- ce qui reste difficile au quotidien et au poste de travail ;
- vos questions, par exemple sur la reprise ou le temps partiel thérapeutique.
Prenez rendez-vous avant la date de fin de l’arrêt en cours. Après la consultation, l’avis de prolongation doit être envoyé à la CPAM et à l’employeur sous 48 heures (F303).
Pour aborder le sujet sereinement, voir le guide parler d’un arrêt de travail à son médecin.
Si vous traversez une période de détresse, appelez le 15, le 112 ou le 3114 (numéro national de prévention du suicide).
Et ensuite
- Préparer la consultation (gratuit) : le questionnaire ConsultMalin vous aide à résumer votre situation sur une page. Pour un suivi, utilisez la version prolongation.
- Après la consultation : envoyez l’avis sous 48 heures. Le site partenaire DossierMalin aide à suivre les échéances de l’arrêt et la reprise.
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