Indemnités et carence

Carence et indemnités d'arrêt maladie en 2026 : ce qu'il faut savoir avant de consulter

ConsultMalin ne fournit aucun avis médical. Ce guide explique les règles générales ; c'est votre médecin qui décide d'un arrêt et de sa durée.

Mis à jour le · 7 min de lecture · L’équipe ConsultMalin

Règles vérifiées le 22/10/2026 sur les sources officielles citées en bas de page. Notre méthode

La réponse courte

Pour un salarié, l'Assurance maladie ne verse rien pendant les 3 premiers jours d'un arrêt maladie : c'est le délai de carence. Il ne s'applique pas à une prolongation, ni après une reprise de 48 heures au plus entre deux arrêts, ni aux arrêts suivants liés à une même ALD.

Pourquoi parler d’argent avant une consultation ?

Un arrêt de travail est une décision médicale. Le médecin la prend seul, selon votre état de santé. Mais l’arrêt a aussi des effets sur votre revenu.

Connaître ces effets à l’avance vous évite deux erreurs. La première : renoncer à consulter par crainte d’une perte qui n’existe pas. La seconde : découvrir trop tard une période non payée.

Ce guide porte sur les salariés du privé. Les agents publics relèvent de règles différentes, qui ne sont pas traitées ici.

Le délai de carence de l’Assurance maladie

Le délai de carence est une période au début de l’arrêt pendant laquelle l’Assurance maladie ne verse rien. Pour un salarié, il dure 3 jours (F3053, ameli).

Les indemnités journalières (IJ) sont la somme versée par la caisse pour chaque jour d’arrêt. Elles commencent donc au 4e jour. Exemple de Service-Public : pour un arrêt débutant le 1er juillet, les IJ sont dues à partir du 4 juillet (F3053).

Chaque arrêt distinct a sa propre carence (F3053). Sur une année, trois arrêts courts peuvent ainsi laisser jusqu’à 9 jours sans IJ.

Les situations sans carence

Le délai de 3 jours ne s’applique pas dans plusieurs cas (F3053, ameli).

Une prolongation. Un arrêt qui prolonge le précédent sans interruption n’ouvre pas de nouvelle carence (ameli).

Une reprise de 48 heures au plus. Si vous reprenez le travail puis êtes arrêté de nouveau dans les 48 heures, la carence n’est pas appliquée une seconde fois (F3053).

Une affection de longue durée. Une ALD est une maladie grave ou chronique qui demande un traitement prolongé. Seul le premier arrêt en rapport avec cette maladie subit la carence. Pendant 3 ans, les arrêts suivants pour la même ALD en sont dispensés (ameli, F3053).

Une fausse couche. L’arrêt qui suit est indemnisé sans carence (ameli).

Un accident du travail ou une maladie professionnelle. Ces arrêts relèvent d’un autre régime, sans carence (ameli).

Le complément de l’employeur et sa propre carence

L’employeur peut compléter les IJ. Ce complément est prévu par la loi, sous conditions (F3053) :

  • 1 an d’ancienneté au moins, appréciée au premier jour d’absence ;
  • un certificat médical transmis à l’employeur sous 48 heures ;
  • être soigné en France ou dans l’Espace économique européen.

Ce complément a son propre délai de carence : 7 jours par arrêt. Il commence donc au 8e jour, sauf convention collective plus favorable (F3053).

Le complément porte d’abord votre revenu à 90 % de votre salaire brut, puis aux deux tiers. Sa durée dépend de l’ancienneté : 60 jours entre 1 et 5 ans. Elle augmente ensuite de 20 jours par tranche de 5 ans, jusqu’à 180 jours (F3053).

Les conventions plus favorables

Votre convention collective est l’accord qui fixe les règles de votre branche. Elle peut prévoir mieux que la loi (F3053). Une convention ou un accord d’entreprise peut même maintenir votre salaire pendant les jours de carence (ameli).

Dans ce cas, l’employeur reçoit souvent les IJ à votre place et vous verse le salaire (ameli). Le nom de votre convention figure sur votre fiche de paie. Votre service RH peut vous dire ce qu’elle prévoit.

Le calcul des indemnités journalières

Le calcul se fait en trois étapes (F3053, ameli).

  1. On additionne vos 3 derniers salaires bruts avant l’arrêt.
  2. On divise ce total par 91,25. On obtient le salaire journalier de base.
  3. L’IJ vaut 50 % de ce salaire journalier de base.

Le salaire pris en compte est plafonné à 1,4 fois le SMIC, soit 2 613,82 € brut par mois en 2026 selon Service-Public (F3053). L’IJ ne peut donc pas dépasser 42,97 € brut par jour pour les arrêts prescrits à compter de juillet 2026 (ameli).

Pour y avoir droit, il faut aussi avoir assez travaillé ou cotisé. Pour un arrêt de 6 mois au plus, il faut au moins 150 heures de travail sur les 3 mois précédents. À défaut, il faut avoir cotisé sur 1 015 fois le SMIC horaire au moins, sur 6 mois (F3053).

Un exemple : 2 400 € brut par mois

Prenons une salariée payée 2 400 € brut par mois, sous le plafond.

  • 3 derniers salaires : 2 400 × 3 = 7 200 €.
  • Salaire journalier de base : 7 200 ÷ 91,25 = 78,90 €.
  • IJ : 50 % de 78,90 € = 39,45 € brut par jour, avant CSG et CRDS.
Durée de l’arrêt Jours de carence Jours indemnisés IJ brutes
3 jours 3 0 0 €
10 jours 3 7 276,15 €

Sans maintien de salaire par l’employeur, un arrêt de 3 jours n’est donc pas indemnisé par la caisse. Ces chiffres ne tiennent pas compte d’un éventuel complément de l’employeur ou de la convention.

Le versement des indemnités

Les IJ sont dues pour chaque jour calendaire, week-ends compris (F3053). La caisse les verse une fois le dossier traité, puis environ tous les 14 jours (ameli, F3053). Un relevé accompagne chaque paiement (F3053).

Pour être payé à temps, l’arrêt doit arriver à la caisse. S’il est sur papier, envoyez les volets 1 et 2 sous 48 heures. Un envoi tardif peut réduire les IJ (F303). Le guide arrêt maladie en 2026 détaille ces règles.

La durée d’indemnisation

Dans le cas général, la caisse verse au maximum 360 indemnités journalières sur 3 ans (ameli). Service-Public parle de 12 mois d’IJ par période de 3 ans consécutifs (F3053).

Depuis le 15 octobre 2026, pour un arrêt de plus de 6 mois, hors ALD exonérante, l’indemnisation est limitée à 1 an, au lieu de 3 ans (A19066). Une ALD exonérante est une ALD dont les soins sont pris en charge au taux maximal. Pour elle, la limite reste de 3 ans (A19066, Code du travail numérique).

La limite d’1 an vise les arrêts prescrits depuis le 15 octobre 2026. Elle vise aussi les arrêts en cours qui atteignent 6 mois après cette date. Les salariés déjà en arrêt depuis plus de 6 mois au 15 octobre 2026 gardent l’ancienne règle, avec jusqu’à 3 ans d’indemnisation (A19066). Pour une nouvelle période d’1 an pour la même maladie, il faut avoir repris le travail au moins 1 an (A19066).

Notre guide sur la durée maximale d’un arrêt maladie distingue durée de prescription et durée d’indemnisation.

Ce que ces règles changent pour la consultation

Ces règles ne doivent jamais guider la durée d’un arrêt. Seul votre état de santé compte, et le médecin en juge. Elles aident en revanche à donner au médecin les bonnes informations.

Un arrêt en téléconsultation

Hors médecin traitant (ou son remplaçant) et sage-femme référente, un arrêt prescrit en téléconsultation est limité à 3 jours au total, renouvellement compris (A18975). Aucun renouvellement ultérieur ne peut être prescrit à distance.

Avec 3 jours de carence, un tel arrêt n’ouvre en général aucune IJ. Seul un maintien de salaire prévu par votre convention peut couvrir ces jours. Voir notre guide sur l’arrêt de travail en téléconsultation.

Une prolongation plutôt qu’un nouvel arrêt

Si vos symptômes persistent à la fin de l’arrêt, consultez avant son terme. Une prolongation sans interruption n’entraîne pas de nouvelle carence (ameli). Elle doit en principe venir du prescripteur initial ou de votre médecin traitant (F303). Voir la prolongation d’un arrêt maladie.

Une rechute après une reprise

Si vous avez repris le travail puis que vos symptômes reviennent, notez la date exacte de reprise. Un nouvel arrêt dans les 48 heures n’a pas de carence (F3053). Au-delà, une nouvelle carence s’applique, sauf ALD.

Une maladie déjà connue

Si votre état est lié à une ALD reconnue, dites-le au médecin. Le lien entre l’arrêt et l’ALD compte pour la carence (ameli).

Pour décrire votre situation avec des faits, notre guide pour parler d’un arrêt de travail à son médecin propose une méthode.

Questions fréquentes

Les jours de carence comptent-ils les week-ends ?

Oui. Les IJ sont calculées sur des jours calendaires, week-ends compris (F3053). La carence court donc aussi sur ces jours.

Mon employeur peut-il payer les 3 jours de carence ?

Oui, si votre convention collective ou un accord d’entreprise le prévoit (ameli). Sans cela, le complément légal ne commence qu’au 8e jour (F3053).

Mon salaire dépasse le plafond : que se passe-t-il ?

Le calcul s’arrête au plafond de 1,4 SMIC. Votre IJ ne dépassera pas 42,97 € brut par jour (ameli, F3053).

Et ensuite

  1. Préparer la consultation : notre questionnaire gratuit vous aide à décrire vos symptômes, leur évolution et leur effet sur votre travail.
  2. Après la consultation : si un arrêt est prescrit, suivez l’envoi sous 48 heures, les échéances et la reprise avec DossierMalin.
  3. Si l’arrêt doit continuer : préparez le rendez-vous de prolongation avec notre outil prolongation.

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