Situations particulières
Arrêt maladie au chômage : qui vous paie, quoi déclarer et comment préparer la consultation
ConsultMalin ne fournit aucun avis médical ni conseil juridique. Ce guide explique les règles générales ; il ne dit pas ce qui s'applique à votre situation.
Règles vérifiées le 24/10/2026 sur les sources officielles citées en bas de page. Notre méthode
La réponse courte
Au chômage, un arrêt maladie met l'ARE en pause : France Travail cesse de la verser pendant l'arrêt. À la place, la CPAM peut verser des indemnités journalières, établies d'après vos anciens salaires. L'arrêt se déclare à France Travail, et l'échéance de vos droits au chômage est reportée du nombre de jours d'arrêt.
Trois organismes, une seule période
Quand vous êtes demandeur d’emploi, un arrêt maladie touche trois acteurs : votre médecin, la CPAM et France Travail. Chacun a un rôle distinct.
Le médecin décide seul s’il prescrit un arrêt, selon votre état de santé. La CPAM, votre caisse d’Assurance maladie, peut alors vous indemniser. France Travail, de son côté, cesse de verser votre allocation.
L’ARE, ou allocation d’aide au retour à l’emploi, est l’allocation chômage versée par France Travail. Elle suppose que vous soyez apte à chercher un emploi. Pendant un arrêt, vous ne l’êtes pas : son versement s’interrompt (France Travail, Unédic).
Ce guide suit l’ordre des questions qui se posent, de la consultation à la reprise des recherches.
Les indemnités de la CPAM sans contrat de travail
Les indemnités journalières (IJ) sont la somme versée par la caisse pour chaque jour d’arrêt. Une personne sans emploi peut y avoir droit dans l’un de ces trois cas (ameli) :
- l’assurance chômage l’indemnise actuellement ;
- elle a reçu une allocation chômage dans les 12 mois écoulés ;
- son dernier emploi salarié a pris fin il y a moins de 12 mois.
Vos droits aux IJ ne disparaissent donc pas avec la fin du contrat. Ils restent ouverts pendant ces 12 mois, ou tant que vous êtes indemnisé.
En dehors de ces trois cas, la page d’ameli ne prévoit pas d’IJ. Votre CPAM peut vous dire ce qu’il en est pour vous. Cette possibilité n’existe pas à Mayotte pour les personnes sans emploi (ameli).
Une base de calcul tirée de votre ancien emploi
Les IJ ne dépendent pas du montant de votre ARE. La caisse regarde ce que vous gagniez quand vous travailliez (ameli).
Le calcul reprend celui des salariés (F3053) :
- on additionne les 3 derniers salaires bruts de vos derniers mois travaillés ;
- on divise ce total par 91,25, ce qui donne le salaire journalier de base ;
- l’IJ vaut 50 % de ce montant.
Pour une activité discontinue, la caisse peut retenir les 12 mois avant la fin du dernier contrat (ameli). Le salaire pris en compte est plafonné à 1,4 fois le SMIC. L’IJ ne peut pas dépasser 42,97 € brut par jour, pour les arrêts prescrits à compter de juillet 2026 (ameli, F3053).
Les 3 premiers jours d’arrêt ne sont pas indemnisés : c’est le délai de carence (ameli). Notre guide sur la carence et les indemnités détaille ses exceptions. Il n’y a plus d’employeur pour compléter les IJ.
Exemple : un arrêt de 12 jours
Karim gagnait 1 900 € brut par mois dans son dernier poste. Il touche l’ARE depuis quatre mois. Son médecin lui prescrit un arrêt de 12 jours.
- Trois derniers salaires : 1 900 × 3 = 5 700 €.
- Salaire journalier de base : 5 700 ÷ 91,25 = 62,46 €.
- IJ : 50 % de 62,46 € = 31,23 € brut par jour.
- Jours indemnisés : 12 − 3 = 9 jours, soit 281,07 € brut.
Pendant ces 12 jours, France Travail ne lui verse pas l’ARE. Les 3 jours de carence restent donc sans aucun revenu de remplacement.
L’ARE mise en pause, et non perdue
Les IJ et l’allocation chômage ne se cumulent pas (ameli, F3053). L’ARE est suspendue pour toute la durée de l’arrêt (France Travail).
Vos droits ne fondent pas pendant l’arrêt. Leur échéance glisse du nombre de jours d’arrêt : elle est reportée d’autant (ameli, Unédic). Dans l’exemple de Karim, ses droits se termineront 12 jours plus tard que prévu.
Ce report est un effet de la règle. Il ne peut pas être un motif pour demander un arrêt : seul votre état de santé compte, et le médecin en juge.
Ce qu’il faut envoyer, et à qui
| Destinataire | Ce que vous transmettez | Quand |
|---|---|---|
| CPAM | Volets 1 et 2, si l’arrêt est sur papier | Sous 48 heures |
| CPAM | Certificat de travail, bulletins des 4 mois qui précèdent l’interruption de travail | À la demande de la caisse |
| CPAM | Avis d’admission à l’ARE et dernière attestation de paiement, si indemnisé dans les 12 mois | Avec les pièces ci-dessus |
| France Travail | Volet 3 et dates de l’arrêt | À l’actualisation ou en ligne |
| France Travail | Justificatif de versement des IJ | Une fois reçu |
Sources : ameli, France Travail, F303.
Si le médecin a télétransmis l’arrêt, la caisse a déjà les volets 1 et 2. Le guide où envoyer son arrêt de travail explique comment le vérifier.
La déclaration à France Travail
France Travail attend les dates de début et de fin de l’arrêt, puis celles de chaque prolongation. Vous précisez aussi si vous voulez rester inscrit (France Travail).
Le signalement peut se faire lors de l’actualisation mensuelle, ouverte du 28 (26 en février) au 15 du mois suivant. Il peut aussi se faire sans attendre, via « Déclarer un changement de situation » dans votre espace.
Pour le volet 3, le chemin est « Mes échanges avec France Travail » puis « Transmettre un document ». La voie postale reste ouverte si le dépôt en ligne vous est impossible (France Travail).
Un oubli oblige à rembourser les allocations versées à tort. Une fausse déclaration peut entraîner une radiation, une suppression de l’allocation ou des pénalités (France Travail).
Moins de 15 jours, ou davantage
La durée de l’arrêt change votre situation d’inscrit.
Un arrêt court. Pour un arrêt de moins de 15 jours, vous restez inscrit comme demandeur d’emploi. L’ARE est tout de même suspendue pendant l’arrêt (France Travail).
Un arrêt de 15 jours ou plus. Deux situations se présentent. Vous poursuivez votre recherche : France Travail vous classe « non disponible » pendant l’arrêt. Vous l’arrêtez : votre inscription prend fin (France Travail).
Si vous poursuivez votre recherche, une démarche compte beaucoup. Une réinscription s’impose dans les 5 jours calendaires qui suivent la fin de l’arrêt ; samedis, dimanches et jours fériés comptent. Sans elle, le versement de l’ARE qui vous reste ne reprend pas (France Travail).
Les pages de France Travail ne formulent pas toutes le seuil de la même façon pour un arrêt d’exactement 15 jours. Dans ce cas, posez la question à votre conseiller ou au 3949.
Avant l’inscription, ou à la fin d’un contrat
L’inscription suppose d’être en état de rechercher un emploi. Un arrêt en cours la reporte donc à sa fin. La durée de l’arrêt s’ajoute alors au délai de 12 mois dont vous disposez après la fin du contrat (Unédic, France Travail).
Si l’arrêt a commencé pendant un CDD, il ne prolonge pas le contrat. Notre guide sur l’arrêt maladie en CDD ou en intérim traite ce passage.
Ce que la situation change pour la consultation
Un arrêt au chômage reste une décision médicale, comme pour un salarié. Votre statut ne justifie ni ne bloque un arrêt. En revanche, quelques informations aident le médecin à comprendre votre quotidien.
Ce que « travailler » veut dire pour vous. Sans poste, le médecin ne peut pas évaluer vos contraintes de travail habituelles. Décrivez plutôt vos démarches : déplacements, entretiens, formation en cours, ateliers prévus.
Ce que vous ne pouvez plus faire. Restez concret. Par exemple : « Depuis dix jours, je ne peux pas rester assis plus d’une heure en formation. »
Votre statut, pour le formulaire. Signalez que vous êtes demandeur d’emploi. Vous saurez ainsi que le volet 3 part à France Travail.
Les règles de prescription sont les mêmes que pour tous. Un premier arrêt ne dépasse pas 31 jours et chaque prolongation 62 jours, sauf justification du médecin. Voir la durée maximale d’un arrêt.
Si l’état de santé se prolonge, prévoyez le rendez-vous avant la fin de l’arrêt : voir la prolongation d’un arrêt maladie. Pour décrire vos symptômes avec des faits, notre méthode pour parler d’un arrêt à son médecin peut vous aider.
Un arrêt doit correspondre à un état de santé réel. L’Assurance maladie contrôle les arrêts. Depuis le 19 septembre 2026, une sanction est possible contre une personne qui cherche à se faire prescrire un arrêt injustifié par son état de santé art. R147-6 CSS. Voir le contrôle d’un arrêt maladie.
Et ensuite
- Préparer la consultation : le questionnaire gratuit vous aide à décrire vos symptômes et leur effet sur vos démarches.
- Après la consultation : envoyez les volets sous 48 heures, déclarez l’arrêt à France Travail, et suivez vos échéances avec DossierMalin.
- À la fin de l’arrêt : après 15 jours d’arrêt ou plus, réinscrivez-vous sous 5 jours si vous cherchez encore un emploi.
Liste à imprimer
Avant de consulter, au chômage
Décrire votre état, pas votre dossier France Travail
Le questionnaire vous aide à noter vos symptômes et leur effet sur vos démarches de recherche d'emploi. Vous obtenez une synthèse d'une page pour le médecin. Vos réponses restent sur votre téléphone.
Gratuit jusqu’à l’aperçu · vos réponses restent sur votre appareil